Maël Péneau a construit sa pratique dans les raves des zones industrielles désaffectées des bords de Loire sous le nom de Maelstrom. L'improvisation et les formes libres occupent une place centrale dans son travail. Après avoir écumé clubs et festivals, de Concrete au Berghain, de Sydney à New York, Maelstrom s'allie avec la produtrice Louisahhh, dans un duo ambitieux et sans compromis, et développe avec elle et Birds in Row le projet Pain Magazine, entre post-hardcore et techno industrielle.
Également chercheur en anthropologie des techniques et Docteur de l'EHESS, il publie en 2025 son premier livre, issu d'une enquête de terrain sur le beatmaking à Dakar. C'est à Sénégal, sur son terrain de recherche de thèse, que naît le point de départ de Mid-0. Les beatmakers hip-hop y utilisent quotidiennement les sons de la Roland TR-808 sans rien savoir de leur origine japonaise. Or ces machines ont permis la naissance de la techno, de la house et du hip-hop. Maël Péneau est allé chercher cette histoire à la source, en rencontrant Tadao Kikumoto, concepteur des trois machines, et les ingénieurs de Roland, Korg et Yamaha.
Mid-0 est l'objet artistique issu de cette enquête. Un dispositif modulaire qui s'articule autour de trois entrées :
un film de 25 minutes co-réalisé avec la scénographe et cinéaste Zarah Müller, tourné au Japon pendant sa résidence de recherche-création à la Villa Kujoyama (Institut français, Kyoto)
une conférence ou rencontre publique
une performance où Maelstrom, au synthétiseur modulaire, est entouré de musicien·nes amateur·ices aux boîtes à rythmes Roland, formé·es lors d'une résidence de trois à cinq jours en amont. Une pièce électroacoustique en audio immersif, composée à partir des field recordings japonais et des voix des ingénieurs, est diffusée pendant le live. Confier ces machines à des amateur·ices leur rend leur fonction première : ouvrir la composition à celles et ceux qui n'y ont pas accès.
Coproduction : Vedettes, Stereolux, Le Lieu Unique, Le Tetris, CDA d'Enghien-les-Bains. Avec le soutien de l'Institut français, de la Villa Kujoyama, de la DRAC Pays de la Loire, du Ministère de la Culture (DGCA) et de la Fondation Bettencourt Schueller.